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agriculture urbaine
Pourquoi maintenir les terres agricoles à proximité immédiate des villes ?

La connaissance qu'ont les habitants de la campagne s'amenuise à mesure que les villes s'étendent et que s'éloigne l'horizon des champs. L’intensification urbaine a favorisé une distanciation à la fois culturelle, générationnelle et spatiale entre l’individu et l’agriculture. Ce désintérêt de la ville vis à vis de sa campagne proche se ressent notamment dans les politiques d’aménagement où l’espace agricole peut-être considéré parfois uniquement comme un futur terrain constructible. Alors pourquoi maintenir les terres agricoles à proximité des villes ?

le 13 août 2013

Un rapport culturel à la terre

La France est un pays de tradition agricole et la plupart d’entre nous a connu un lien à la terre par le biais de nos arrières ou grands-parents. Cette relation ancienne à la paysannerie, héritée des générations antérieures, engendre une connaissance et une vraie sympathie envers le monde agricole. Nous restons en effet attachés à la valeur de la terre nourricière comme source de vie. Ce lien symbolique entre l’espace et ce qu’il produit, traduit une volonté commune de préserver l’agriculture comme une donnée vivante au sein de nos territoires.

Si cette agriculture est ancrée dans notre culture comme un élément fondamental qui ne peut disparaître, ce n’est pas pour autant qu’elle doit rester figée dans sa forme et son organisation. En effet, pour continuer à vivre, l’agriculture doit s’adapter aux évolutions actuelles en répondant à la fois aux nouveaux souhaits des citoyens ainsi qu’aux nouvelles contraintes du territoire. Une des premières demandes formulées par la population est de jouir d’un espace environnant ouvert, un lieu de loisirs et de détente. Cette campagne oisive est en effet revendiquée par 70% des français.

« Pour la majorité des gens (urbains comme ruraux), la campagne évoque d’abord un paysage avant d’être un lieu de production. (...)  Dire que la campagne c’est du paysage, revient à penser que l’agriculture, en tant que production, n’a plus toute sa légitimité à organiser l’espace, et cela revient à affirmer que le spectacle prime sur la production. Comme si il existait un droit de consommer ce spectacle. »
HERVIEUX Bernard, VIARD Jean, Au bonheur des campagnes, éd. de l’Aube, 1996, p.28

Cette vision de la campagne considérée uniquement comme du paysage comporte un risque car la valeur et la finitude du travail de l’agriculteur n'est plus la préoccupation moyenne des citoyens. Il n'existe plus de lien direct avec ce qui est produit dans les champs, la campagne est saisi par le regard et par les déplacements. Un gouffre s’est en effet creusé entre les 96% des français non agriculteurs et les 4% restant de la population qui travaillent la terre et façonnent une part importante de nos paysages. La campagne est alors le plus souvent vécue comme un morceau d’urbanité.

« Le lieu des champs est entré dans le lieu des villes, deux temporalités distinctes, mais l’espace agricole est saisi par l’urbanité comme un moment de cette urbanité, comme son lieu paysager avant d’être son lieu nutritionnel. Ce qui dépossède la classe paysanne à porter seule l’avenir des campagnes. »
HERVIEUX Bernard, VIARD Jean, Au bonheur des campagnes, éd. de l’Aube, 1996, p.94

L’explication de ce regard sur la campagne réside peut-être dans le fait que l’on a perdu le fil des choses. En effet, le développement de l’agriculture intensive d’après-guerre a permis à la France de devenir l’un des premiers pays producteurs agricoles au monde. L’essor économique de cette production étant dépendante des exportations, nos sphères d’approvisionnement alimentaire se sont considérablement et rapidement élargies à l’échelle mondiale. L’origine des aliments que nous mangeons et la manière dont ils sont transformés nous sont devenus invisibles.

Une opportunité pour développer une nouvelle agriculture

L’objectif, du maintien des terres agricoles à proximité immédiate des villes, est de permettre de maintenir le lien entre citoyens et nourriture. Car aujourd’hui, même si l’espace agricole occupe 35% du territoire, ce qui s’y passe reste pour la majorité d’entre nous une énigme.

Comme une réponse à ce manque de connaissance et d’information sur la filière agricole et une volonté de rapprochement entre habitants, agriculteurs et productions, on assiste depuis une dizaine d’années à un engouement pour de nouveaux modes de consommation. Le citoyen recherche ce lien perdu qui existait entre le champ et l’assiette par la consommation directe des productions. Le citoyen-consommateur devient alors lui-même acteur de cette campagne et non plus seulement observateur. Il va rechercher une proximité avec le producteur.

« La campagne ne se consomme pas seulement avec les yeux mais avec une fourchette »
Jacques Simon

De nombreux réseaux se développent tels que la vente directe chez le producteur ou à travers les AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne). Cet attrait pour les circuits courts révèle plusieurs choix faits par le consommateur :

  • Un choix d’ordre sanitaire par le souhait de savoir d’où vient sa nourriture ;
  • Un choix d’ordre social et humain en achetant à l’agriculteur d’à côté et sans intermédiaire que l'on apprend à connaître ;
  • Un choix d’ordre écologique et environnemental de manger local permettant d'éviter le transport des marchandises.

Le consommateur devient alors acteur de cette agriculture, il fait des choix et a des attentes vis à vis d’elle. Celle-ci est donc reconnue et identifiée dans les yeux des citoyens vivant aux portes des champs.

Mais si cette agriculture est intégrée et acceptée par l’habitant, il faut aussi qu’elle le soit au sein de l’espace dont elle dispose. En effet, pour continuer à vivre et à se développer, l’agriculture doit s’adapter aux nouvelles contraintes du territoire.

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